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Si la musique baroque – et dans une moindre mesure la danse baroque – ont fait l’objet depuis plus de trente ans d’un intense mouvement de redécouverte d’oeuvres inconnues et des principes d’interprétation historiquement informés (recherche des manuscrits originaux, des effectifs d’origine, des instruments d’époque, du style d’interprétation…), si la peinture et l’architecture baroques font l’objet de restaurations recherchant l’authenticité, on ne peut pas en dire autant du théâtre baroque. Les oeuvres de Molière, Racine, Corneille, Shakespeare, Goldoni…sont très majoritairement interprétées sur nos scènes dans des approches fort peu « historiques ».
Pourtant les pionniers de la redécouverte des principes d’exécution historique du théâtre baroque existent.
Les équivalents de Leonhardt, Harnoncourt, Deller… ont pour nom Eugène Green, Jean-Marie Villégier, (sans oublier Giorgio Strehler et son Arlecchino). Néanmoins
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leurs éclatantes réussites sont restées des cas isolés,fort peu soutenus par les institutions théâtrales.
Une seconde étape de la « révolution théâtrale
baroque » commence en ce moment même, avec une nouvelle génération de jeunes artistes et comédiens.
Ils ont pour chefs de file les metteurs en scène Benjamin Lazar (le fameux Bourgeois gentilhomme) et Jean-Denis Monory que nous accueillons ici avec sa remarquable compagnie La Fabrique à théâtre.
Mise en scène baroque, déclamation, gestuelle du corps et des mains, décors et costumes d’époque, intermèdes musicaux… donnent une tout autre couleur et énergie aux chefs-d’oeuvre de Molière ou Racine… Le tout baigné dans la lumière vacillante de l’éclairage à la bougie qui donne un grain si particulier à ces tableaux vivants dignes des plus grands peintres du XVIIe siècle.
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